Dans Apprivoiser le dernier souffle – Regards d’un médecin en soins palliatifs (édition Le Souffle d’Or), Constance Yver-Elleaume transmet sa vision et son expérience de médecin en soins palliatifs. Un témoignage vibrant sur la beauté que peut révéler l’accompagnement des derniers moments de la vie.
En voulant partager une expérience de médecin en soins palliatifs, aller plus loin dans la profondeur de l’âme, Constance invite le lecteur à se regarder lui-même, à s’interroger sur sa propre existence et comment elle interfère avec celle de ceux qui l’entourent.
Le récit ne se revendique pas « scientifique mais profondément humain ». La sincérité de l’auteure, son extrême sensibilité et son engagement suscitent notre gratitude tant pour nourrir la réflexion que pour l’accompagnement fraternel qu’elle propose.
La chenille et le papillon
« Ce que la chenille appelle la fin du Monde, le Maître l’appelle un papillon », cette phrase de Richard Bach, Constance la prononce régulièrement à ses patients.
Ainsi, ce n’est pas seulement la mort physique qui est évoquée, mais l’accompagnement, la relation, le respect de la personne, le temps des proches, le sens de la présence, le soutien moral et spirituel.
Dans une société souvent réticente à aborder la maladie, la fragilité, la dépendance, la mort — l’ouvrage contribue à ouvrir le dialogue. Il peut aider les lecteurs en deuil, en souffrance, ou confrontés à la fin de vie d’un proche, à trouver du réconfort, des repères, voire de l’apaisement.
Ceux qui réfléchissent sur la dignité, le soin, l’accompagnement sous un angle plus humain, plus « spirituel » que médical ou technique comprendront mieux les enjeux des débats sociétaux actuels.
« Ajuster notre vision des choses »
L’auteure ne juge pas, elle partage. Son expérience l’incite à « voir au-delà des apparences et à ajuster en permanence notre vision des choses ». De fait, sa sensibilité exacerbée la met en relation avec l’invisible, le non-dit, avec ce qui ne se voit pas mais qui procède d’une écoute intérieure. Ses exemples vécus sont pertinents, instructifs. Elle-même perçoit, ressent le « cadeau » qui lui est fait d’une présence élargie à travers l’être « sur le départ » qui peut capter une vérité profonde comme le lien qui unit tous les êtres.
Elle invite à regarder la fin avec respect et douceur, à la fois comme fin et passage, ce qui aide à envisager la mort comme un moment où la dignité, l’amour et l’humanité prennent tout leur sens.
Le livre montre que, dans les derniers instants de vie, la qualité d’une présence est primordiale. La compassion dévoile une beauté paradoxale dans les derniers moments de vie. Non pas une beauté esthétique ou idéalisée, mais une beauté faite de gestes simples, de réconciliations silencieuses, de regards, de paroles essentielles.
Pour Constance Yver-Elleaume, la compassion apporte moins un supplément d’âme qu’elle ne révèle le cœur même de ce qui nous relie les uns aux autres — jusqu’au dernier souffle.
